Transvulcania 2013 🇼🇹 (2/2)

📅 11 mai 2013, 06:00 📏 73.3 km ⛰ 4415 m Dâș ⏱ 12:50:13 thumbnail for this post

7. Punta de los Roques (2040 m)

Pas officiellement un ravitaillement, mais on nous y attendait quand mĂȘme avec de l’eau. Un des bĂ©nĂ©voles au tĂ©lĂ©phone: “qu’est-ce qui boivent ces gars-lĂ . Tu leur mets des tonneaux de vin et sĂ»r qu’ils te les vident”. A partir de ce point-lĂ , il nous reste environ 400 de D+ jusqu’au sommet. A priori facile, seulement c’est une alternance de montĂ©es et de descentes qui nous attend. Pour info, il est possible de passer la nuit dans ce refuge.

Punta de los Roques.

8. Pico de la Nieve (43 km, 2332 m) et Pico de la Cruz (47.5 km, 2351 m)

On est dans la partie “montagne” de la course, et ça fait mal. On voit que les Canariens ont l’habitude de s’entrainer sur des dĂ©nivelĂ©s comme ceux-ci, ça manque un peu en Belgique, et Ă  Majorque aussi d’ailleurs. Les 5 km qui sĂ©parent les ravitos sont dĂ©licats, heureusement on est Ă©pargnĂ© par la chaleur. Au Pico de la Cruz, un gars nous offre des morceaux de pomme qu’il vient de dĂ©couper, ça fait plaisir. Le sommet de l’üle, le Roque de los Muchachos n’est plus trĂšs loin. C’est Ă  ce moment lĂ  que les ennuis commencent pour moi: douleurs dans les adbos.

9. Roque de los Muchachos (57.8 km, 2426 m)

À nouveau une super ambiance lĂ -bas. Les derniers km avant d’y arriver, on pouvait y entendre des cris, de la musique et des applaudissements. Sur place, c’est l’abondance de nourriture et de boissons. Certains en profitent pour s’assoir et manger avec les amis et la famille venus les encourager. Je cherche un mĂ©decin puis me dis: “merde, ça passera, continue.” Dans ma tĂȘte je sais que je finirai la course: il reste ~20 km de descente, puis 6 km de montĂ©e.

View of the main peaks of the Caldera.

10. Descente vers la Torre del Time (71 km, 1160 m)

14 km nous sĂ©parent du prochain ravitaillement. Facile, ça descend, sauf que la douleur au ventre se fait plus forte. Pas possible de courir. Je m’arrĂȘte de trĂšs (trop) nombreuses fois, pour que ça passe, et j’enlĂšve mon short un peu trop serrant au niveau de la taille, sans effet Ă©videmment. Il y a tellement de coureurs qui me dĂ©passent que ça me dĂ©goute. Pffffffffff. A la Torre del Time, une infirmiĂšre me donne un ptit mĂ©doc contre les maux de ventre. No effect. Faut continuer.

11. Descente vers la Tazacorte (77 km, 0 m –> c’est la plage!!)

20 km de descente, super technique par endroit, c’est long. Et chiant. En courant ça passe, en marchant, ça prend une plombe. Mais Ă  force de marcher, j’ai rĂ©cupĂ©rer mes jambes. A un point de contrĂŽle, une autre infirmiĂšre dit que j’ai sans doute consommĂ© trop de sel (gels etc) me propose une pomme et me dit: “je vois bien que tu es encore frais”. Moi je le dis: “ben oui, ça fait 15 km que je marche”. Je continue alors la descente tout en mangeant sa pomme, et miraculeusement, ça va mieux petit Ă  petit: plus de douleurs, et surtout une envie de courir! Pendant les derniers km de descente vers le port, je redĂ©passe pas mal de coureurs cuits, car il fait de plus en plus chaud. J’arrive au ravito pratiquement en sprint, et visiblement ça faisait plaisir au public. 2-3 minutes pour reprendre de l’eau, et c’est parti.

12. Montée vers los Llanos de Aridane (83.3 km, 340 m)

Cette derniĂšre montĂ©e, je crois que beaucoup la haĂŻssent. Les jambes sont en mode descente, et tout d’un coup il faut se retaper 340 m de D+ sur des chemins assez durs, et sous une chaleur Ă©touffante. Toujours sous l’effet de la pomme magique, c’est avec plaisir que j’aborde les derniĂšres montĂ©es, et redĂ©passent encore quelques-uns. Sur le bord de la route, un coureur Ă  cĂŽtĂ© d’une ambulance, visiblement victime d’une entorse. Lui il veut finir, mĂȘme sur une jambe, mais eux ne sont pas du mĂȘme avis. Au final je ne sais pas s’il a dĂ» abandonner, mais si ça avait Ă©tĂ© un pote, je l’aurais aidĂ© Ă  finir. Ça aurait pris 2 heures pour faire 5 km, mais il serait arrivĂ© au bout.

Juste avant la derniĂšre ligne droite, un groupe du public balance des seaux d’eau sur les coureurs qui le souhaitent. Ça fait du bien. Derniers km, enfin du plat, je recommence Ă  courir, un peu trop vite, mais pas grave, je remarcherai un coup et ça ira, du moins, c’est ce que je croyais. Il y a encore un monde de dingue, et comme toujours, ça leur fait plaisir qu’on court, donc je continue, de peur de me faire lyncher 😉 La ligne d’arrivĂ©e est au fond, je la vois 
, et non, il faut encore tourner vers le centre et faire 200 m. Pour l’honneur, Ă  fond! Je passe la ligne d’arrivĂ©e, Ă  la limite de gerber, mais finalement en bien meilleur Ă©tat que beaucoup. 1-2 minutes de rĂ©cup’ et ça va, reste plus qu’à profiter.

Finish line in los Llanos de Aridane.

12h50 de course: objectif atteint (faire mieux qu’il y a 3 ans), mais malgrĂ© tout un peu déçu ne pas avoir pu faire mieux Ă  cause de ces douleurs. Pour une fois que je pensais avoir bien gĂ©rĂ© la nourriture et les boissons
 sans doute trop de minĂ©raux dans leurs boissons, rien de tel que l’eau dans ces cas-lĂ . Je me sens obligĂ© de revenir l’annĂ©e prochaine pour faire mieux (moins de 12 heures), mais ça on verra.

Pour terminer je me permets de joindre le splendide diplĂŽme fourni par l’organisation. Je n’ai pas manquĂ© d’en coller une copie dans mon bureau, non pas pour me vanter de cette course, mais juste pour me rappeler tout ce qu’ils m’ont fait ch*** (et le font encore) avec leurs histoires d’homologation de diplĂŽmes. Ça mĂ©rite clairement un article, et ce sera pour les prochains jours.